Le Sablon, miroir d'une cité

2. De l'eau aux portes de la ville

Plus personne ne croit aujourd’hui que l’aqueduc de Gorze, dont le tracé suivait la voie de Scarpone sur une section importante, ait pu servir à alimenter le grand amphithéâtre du Sablon pour de quelconques naumachies. En revanche, nous avons la certitude qu’il apportait l’eau vers les thermes et les fontaines de Divodurum dès le début du IIe siècle apr. J.-C. Captant la source des Bouillons à Gorze, cet édifice, d’une longueur d’environ 22 kilomètres, reste en partie visible dans la campagne messine. Si son parcours est surtout souterrain, un pont-aqueduc à double canalisation de 1125 mètres de long et d’une hauteur de 30 mètres lui permettait de franchir les bras de la Moselle. À l’origine, il se composait d’une centaine d’arches. Bien qu’ayant traversé le Sablon, comme en témoignent des piles de maçonneries retrouvées à proximité de la rue du XXe-Corps-Américain, le lieu précis de son arrivée à Divodurum reste inconnu.

Tracé de l’aqueduc de Gorze à Metz (DAO J. Trapp, d’après C. Lefebvre)

L’inscription mutilée qui mentionne la construction par des sévirs augustaux d’une fontaine monumentale, d’un portique et d’une conduite est d’ailleurs souvent mise en lien direct avec ce monument. La localisation exacte d’un nymphaeum (bassin recevant les eaux d’une source) élevé au Sablon, à proximité de la rue de Verdun et de l’avenue Leclerc-de-Hauteclocque pour matérialiser l’arrivée de l’aqueduc, reste toujours discutable.

Inscription mentionnant les sévirs augustaux ayant fait construire un nymphée

Mais au Sablon, les découvertes liées à l’eau ne se limitent pas à cette construction. Plusieurs aménagements hydrauliques de type puits, bassins, canalisations et cuvelages ont été mis au jour dans ce quartier (place du Général-de-Gaulle, rues Clovis, Kellermann, Grégoire-de-Tours, Dom-Calmet, de la Chapelle, etc.). Ils devaient servir aux activités artisanales, agricoles et horticoles. À ce jour, l’élément le plus remarquable est une pompe aspirante-refoulante conservée au Musée de La Cour d’Or – Metz Métropole. Il s’agit d’un objet rare constitué de bois et de deux tuyaux cylindriques en plomb qui étaient reliés à l’embouchure de la source. La présence d’objets funéraires dans le même contexte de découverte laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un élément utilisé dans le cadre d’un jardin funéraire. Outre son amphithéâtre et l’aqueduc, le Sablon est surtout connu pour sa forte concentration de nécropoles.

Pompe aspirante-refoulante, Musées de la Cour d'Or

3. Le grand cimetière de Divodurum